📚 Ronsard et le Livret de Folastries : Quand l'obscénité devient un art!

Tout le monde connaît Pierre de Ronsard, le "Prince des poètes", chantre des roses et de la fuite du temps. Mais saviez-vous qu'en 1553, ce même Ronsard a provoqué l'un des plus grands scandales littéraires du XVIe siècle ? Son crime ? Avoir publié le Livret de Folastries, un recueil si charnel qu'il fut condamné au bûcher par le Parlement de Paris.

"L'obscénité comme liberté" Comme le souligne très justement le chercheur François Cornilliat dans son étude sur le cas du Livret de Folastries, l'obscénité chez Ronsard n'est pas gratuite. Elle est une forme de "jeu" (une folastrie). Cornilliat explique que Ronsard utilise son immense talent de poète classique pour s'aventurer sur un terrain "bas" et provocateur.

Le scandale ne réside pas seulement dans les mots crus, mais dans le fait de montrer que la poésie peut aussi être le lieu du désir brut, du rire et de la chair, loin des conventions religieuses ou morales de l'époque. C'est ce que Cornilliat appelle une "poétique de l'indécence" : transformer ce qui est caché en un spectacle de mots magnifiques.

Voici l'un des passages emblématiques où Ronsard célèbre cette liberté, en s'attardant sur les détails d'une étreinte passionnée :

"TantĂ´t sur tes yeux je me joue, TantĂ´t je baise ta joue, TantĂ´t ta bouche, et ton menton, Et tantĂ´t ton petit teton, Ce beau teton qui se pommelle, Qui me fait une plaie telle, Que jamais le temps, ni la mort, N'en effacera le remord..."

Ronsard nous apprend que la sensualité n'est pas l'ennemie de la culture. Au contraire, elle en est le moteur.

En redécouvrant ces textes aujourd'hui, nous célébrons une vision du corps joyeuse, impertinente et profondément humaine. Au Boudoir de Léa, c'est cet héritage que nous chérissons : l'élégance qui n'a pas peur d'être audacieuse.

Envie de lire l'analyse de François Cornilliat? Cliquez ici! 

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