📚 Paul Verlaine : Dentelles, boudoir et fesses joyeuses!
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Oubliez le Verlaine mélancolique et ses sanglots longs. Cette semaine, nous poussons la porte d'un "jaune boudoir" pour découvrir une facette beaucoup plus vibrante du poète. Dans son poème Séguedille, Verlaine s'amuse, provoque et célèbre un désir impérieux. Entre dentelles transparentes, caprices et corps "vainqueur", il nous offre une poésie charnelle où la joie de la chair l'emporte sur la morosité. Un texte qui semble avoir été écrit pour les amoureuses de la belle lingerie et de l'audace.
Brune encore non eue,
Je te veux presque nue
Sur un canapé noir
Dans un jaune boudoir,
Comme en mil huit cent trente.
Presque nue et non nue
Ă€ travers une nue
De dentelles montrant
Ta chair oĂą va courant
Ma bouche délirante.
Je te veux trop rieuse
Et très impérieuse,
Méchante et mauvaise et
Pire s’il te plaisait,
Mais si luxurieuse !
Ah ! ton corps noir et rose
Et clair de lune ! Ah ! pose
Ton coude sur mon cœur,
Et tout ton corps vainqueur,
Tout ton corps que j’adore !
Ah ! ton corps, qu’il repose
Sur mon âme morose
Et l’étouffe s’il peut,
Si ton caprice veut !
Encore, encore, encore !
Splendides, glorieuses,
Bellement furieuses
Dans leurs jeunes ébats,
Fous mon orgueil en bas
Sous tes fesses joyeuses !
Paul Verlaine, Séguidille (Recueil : Parallèlement 1889).

Comme Verlaine, nous aimons l'idée d'un corps 'vainqueur' sous la dentelle. Et si vous veniez choisir votre prochaine parure pour votre propre boudoir ?